L’Arabie saoudite et les émergents accélèrent dans l’hydrogène vert

Face à la transition énergétique mondiale, l’Arabie saoudite et plusieurs économies émergentes intensifient leurs investissements dans l’hydrogène vert, une technologie appelée à jouer un rôle clé dans la décarbonation. Cet essor marque une recomposition progressive du marché énergétique mondial, traditionnellement dominé par les pays industrialisés.

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L’hydrogène vert — produit à partir d’énergies renouvelables comme le solaire ou l’éolien — est perçu comme une solution stratégique pour réduire les émissions dans les secteurs difficiles à électrifier, notamment l’industrie lourde et le transport maritime. Les pays du Moyen-Orient, en particulier, bénéficient d’un avantage comparatif grâce à leurs ressources abondantes en énergie solaire et à des coûts de production d’électricité très faibles.

Dans ce contexte, l’Arabie saoudite s’impose comme un acteur central. Le royaume développe des projets industriels d’envergure, dont celui de NEOM, destiné à devenir l’un des plus grands complexes d’hydrogène vert au monde. Cette stratégie vise à diversifier une économie encore largement dépendante des hydrocarbures tout en se positionnant sur les futures chaînes d’approvisionnement énergétiques mondiales .

Au-delà du Golfe, d’autres économies émergentes — notamment en Afrique du Nord ou en Asie — cherchent également à s’insérer dans cette filière. Elles misent sur l’exportation vers l’Europe et l’Asie, où la demande pourrait croître fortement dans les années à venir, en particulier pour répondre aux objectifs climatiques.

Cependant, cet élan se heurte à des obstacles importants. Le principal reste le coût élevé de production, nettement supérieur à celui des énergies fossiles ou même de l’hydrogène « bleu ». De plus, la demande reste encore incertaine et de nombreux projets peinent à sécuriser des débouchés commerciaux à long terme .

Ainsi, malgré un dynamisme réel, l’essor de l’hydrogène vert demeure fragile. Il dépendra largement de l’évolution des politiques publiques, des subventions et de la capacité à rendre cette énergie compétitive. Dans ce contexte, les pays émergents, et en premier lieu l’Arabie saoudite, cherchent à prendre une longueur d’avance dans ce qui pourrait devenir un pilier majeur de l’économie énergétique du XXIe siècle.